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Jean-Jacques Feuchère, du XVIe siècle au Romantisme, une biographie

Pierre-Louis Calatayud

Résumé :

Au travers de différentes sources textuelles nous proposons ici une biographie originale du dessinateur, graveur et sculpteur de Paris, Jean-Jacques Feuchère. De ses années de formation jusqu’à ses années de notoriété, le parcours de cet artiste est ici retracé au travers d’une chronologie détaillée de ses productions artistiques, de ses expositions, de ses commandes publiques et de ses collaborations dont nous retiendrons en particulier celle qui s’est nouée avec l’orfèvre Vechte. Si la sculpture de Satan paraît être encore de nos jours une œuvre emblématique de Jean-Jacques Feuchère, la diversité et la richesse des productions de cet artiste du XIXe siècle, mérite d’être reconnue.

Mots clés :

Feuchère, dessin, sculpture, bronze, XIXème siècle, Vechte, romantisme, Paris, Froment-Meurice.

Summary:

Through different textual sources we offer here an original biography of the draftsman, engraver and sculptor Jean-Jacques Feuchère. From his years of training to his years of notoriety, the career of this artist is traced here through a detailed chronology of his artistic productions, his exhibitions, his public commissions and his collaborations, of which we will retain in particular that which was tied with the silversmith Vechte. If the sculpture of Satan still seems to be an emblematic work of Jean-Jacques Feuchère today, the diversity and richness of the productions of this 19th century artist deserves recognition.

Keywords:

Feuchère, drawing, sculpture, bronze, 19th century, Vechte, romanticism, Paris, Froment-Meurice.

Introduction

Né d’un père ciseleur, formé à la sculpture, puis à la réalisation des bronzes, Jean-Jacques Feuchère exprime très tôt son goût particulier pour l’art du XVIe siècle et s’inscrit naturellement dans l’histoire du mouvement romantique du XIXe siècle. C’est un artiste qui par ses écarts à l’académisme suscite les critiques, divise, mais construit une carrière dont nous verrons les collaborations successives avec différents artistes, les succès, et la reconnaissance. Progressivement, en suivant une chronologie qui retrace la biographie de Jean-Jacques Feuchère, s’établit ainsi une production artistique où style d’un temps lointain et nouvelle esthétique romantique s’entremêlent dans des thématiques diverses qui prennent leurs sources dans des inspirations d’une grande variété tout en essayant se conformer aux exigences des commandes publiques.

Formation et première exposition au Salon

Le point de départ pour reconstituer la vie de Jean-Jacques Feuchère est la note biographique rédigée par l’éminent critique Jules Janin dans le catalogue de la vente du cabinet de Feuchère en février 1853[1]. Celui que l’on nomme alors Jean Feuchère est né à Paris le 26 août 1807 du ciseleur Jacques-François Feuchère, parfois dit Feuchère père, et de Marie-Louise Dutilloy. Janin adopte un style très littéraire pour son récit. Il raconte que Feuchère eut une « jeunesse active et laborieuse » et qu’il travailla tôt. Janin précise que le peintre Blondel et le sculpteur Ramey étaient les principaux maîtres dans le monde de l’art de cette période. Quelques années après la mort de Feuchère, le Dictionnaire de la conversation et de la lecture[2] et la Nouvelle biographie générale [3] rapportent qu’il fut élève des sculpteurs Cortot et Ramey. Janin indique que le jeune Feuchère appris à peindre, dessiner et émailler, en dehors de la pratique de la sculpture qui constituait son principal revenu. On retrouve cet éclectisme également dans ses goûts et influences artistiques, que reflète la diversité de sa collection, même si son intérêt pour le XVIe siècle semble marquer tout particulièrement ses jeunes années. Feuchère père est membre de la Réunion des fabricants de bronze de la ville de Paris, dont il est trésorier en 1818, puis président en 1822 et 1826. Son fils en est président à son tour en 1829. Ces faits sont attestés par l’Almanach de messieurs les fabricants de bronze réunis de la ville de Paris : pour l’année 1834. C’est également en 1829 que Jean-Jacques Feuchère réalise un bas-relief en pierre, et non en marbre comme l’affirme Stanislas Lami[4], pour le tombeau du peintre Louis Lafitte au cimetière du Père-Lachaise. Il rencontre le jeune Honoré Daumier et réalise son portrait âgé de 22 ans en lithographie durant l’année 1830[5]. Ils resteront proches jusqu’à la mort de Feuchère.

Jean-Jacques Feuchère, Jeune femme affaissée sur une urne funéraire et tenant une couronne de cyprès, 1829, tombe du peintre Louis Lafitte, cimetière du Père-Lachaise, Paris.
Photographie – Pierre-Louis Calatayud.

Les livrets du Salon nous apprennent qu’il expose pour la première fois en 1831 et qu’il réside au 25 rue Notre-Dame-de-Nazareth, adresse qu’il partage avec son père. A cette occasion, Feuchère présente « David montre aux israélites la tête de Goliath », une esquisse en terre cuite. Il présente également une esquisse en plâtre intitulée « Judith, après avoir sauvé son pays, remercie Dieu de sa victoire ». Une « Nymphe sur une coquille » est également citée dans le livret du Salon détaillant les œuvres de Feuchère exposées tandis que le deuxième supplément ajoute deux bas-reliefs représentant un « ange jouant d’un instrument » et « la Victoire et la Paix ». Le monde de l’art, au moins par les critiques du Salon, prend enfin connaissance de l’art du sculpteur. Si Gustave Planche ne mentionne pas ces œuvres, Augustin Jal critique violemment le travail du jeune artiste de 24 ans, dans l’ouvrage qu’il consacre au Salon de 1831. Le reproche se concentre sur l’influence jugée trop forte et qualifiée de « copie servile » de l’art du XVIe siècle, en particulier celui du sculpteur français de la Renaissance, Jean Goujon. Cependant, aucun de ces critiques ne cite directement les œuvres de Feuchère. C’est au cours de cette même année que Feuchère réalise un bas-relief représentant la « Résurrection de Lazare », fondu en bronze par Honoré Gonon.

Dès 1829 et au moins jusqu’en 1834, Jean-Jacques Feuchère travaille avec le fabricant de bronzes Jules Fossey[6] au 25 rue Notre-Dame-de-Nazareth. Des pendules bornes en bronze doré, patiné et parfois avec marbre, nous sont parvenues avec la double signature de Feuchère et Fossey. Malheureusement elles furent maintes fois attribuées à Pierre-François Feuchère sans que la différence d’âge avec Fossey n’alerte les experts. Feuchère et Fossey collaborèrent avec l’ébéniste Alexandre Maigret, fournissant probablement les bronzes agrémentant ses meubles. Cette activité commerçante avec Fossey suffisait possiblement à financer les recherches artistiques destinées au Salon tant que Feuchère partageait une adresse avec son père. En 1832, Feuchère et Fossey livrent un lustre au mobilier de la couronne[7]. Quatre dessins de projets de lustres de la main de Jean-Jacques Feuchère sont vendus aux enchères à Paris en 2014 ainsi qu’un autre en 2016, et attestent de son rôle de dessinateur au sein de cette collaboration. Feuchère et Fossey livrèrent également des bronzes pour le mobilier de la couronne en 1832 comme l’attestent encore les archives de la Maison du Roi[8]. Ils exécutèrent les bronzes pour un mantelet et trois brides pour les écuries de Versailles, prenant la suite du travail de bronzes de Lucien-François Feuchère et travaillant avec les bronziers Duchesne et Mairet ainsi que le bourrelier Gagnery.

Jean-Jacques Feuchère, Dessin pour un lustre, circa 1835, Purchased with the support of the Decorative Art Fund/Rijksmuseum Fonds, made available by Mr and Mrs Van Litsenburg-van Royen, Amsterdam, Rijksmuseum.
Photographie – Domaine public

Un goût particulier pour l’art du XVIe siècle et des œuvres à l’écart de l’académisme : un artiste qui divise les critiques

En 1833, il est installé au 14 quai de Jemmapes. Il pourrait s’agir d’un atelier puisque l’année suivante, alors que Feuchère a déménagé, le peintre Amédée Angelot Tissot occupe cette adresse. Au Salon de 1833, Jean-Jacques Feuchère expose deux bas-reliefs : « Jeune homme suppliant des moines de le recevoir dans leur ordre », et une esquisse pour la « Résurrection de Lazare » dont le bronze de 1831 est acquis le 27 mai de cette même année par le ministre du Commerce et des Travaux publics pour 1000 francs. Il expose également un modèle en plâtre représentant deux enfants et un cadre de médaillon en plâtre. Le supplément du livret ajoute aux œuvres exposées : un plâtre représentant un portrait en médaillon et un bas-relief en médaillon représentant la pêche. Augustin Jal se contente de rapprocher le travail de Feuchère au Moyen Age tandis que les « imitations de la renaissance de M. Feuchère » séduisent Charles Lenormant. Laviron et Galbacio écrivent plus à propos de l’artiste, notamment de l’intérêt suscité par ses médaillons. Dans leur publication Le salon de 1833, le nom du sculpteur est écrit avec un « s » final et constitue, à ce jour, la première attestation de cette graphie erronée. Dans cet ouvrage, Feuchère occupe une place importante. Il y est présenté comme un artiste à l’écart de l’académisme et dont l’attachement au XVIe siècle et à l’art de Jean Goujon, à défaut de le doter d’un style original, lui vaut la reconnaissance de son goût.

Jean-Jacques Feuchère, Satan, Statuette en bronze, Paris, Musée de la Vie romantique.
Photographie – “No copyright” (CC0 1.0 Universal (CC0 1.0) Public Domain Dedication)

C’est en cette même année 1833 que Feuchère achève et signe la première version du fameux « Satan » qui ne sera pas celui présenté au Salon l’année suivante, contrairement à ce qui est souvent écrit. Il s’agit d’une version qui fut tirée en plâtre et en bronze à deux tailles différentes. La plus grande présente une hauteur de 34,5 centimètres tandis que la réduction mesure environ 22 centimètres de haut. Cette sculpture est devenue une œuvre emblématique du romantisme noir et de cet artiste au yeux du marché de l’art tout comme des institutions. Cependant le succès de ce bronze, bien que valorisant l’artiste, limite grandement l’attention accordée à son œuvre globale. Transformée en garniture de cheminée et parfois montée en pendule, cette version du Satan fut agrémentée de deux vases en bronze « chauve-souris » représentant des démons sur des vases ornés de cet animal nocturne et quasi systématiquement montés sur des socles de marbre. Une autre version de cette garniture de cheminée nous est connue à travers quatre ensembles, où le Satan est encadré de deux bougeoirs en bronze en forme de dragons sur des socles de marbre.

Jean-Jacques Feuchère, Bougeoir en forme de dragon, bronze, collection particulière.
Photographie – Pierre-Louis Calatayud

L’attribution de ces « bougeoirs dragons » est non seulement certaine puisqu’ils accompagnent le Satan de Feuchère mais également par la frise décorative faisant le tour de leur base en bronze. Cette frise de goût Renaissance se retrouve au centre d’une composition circulaire exécutée par Vechte puis ses collaborateurs : « Le Combat des Amazones ». Or un dessin pour une composition également circulaire pour un bouclier représentant aussi un « Combat des Amazones », fut vendu parmi les dessins du sculpteur à sa mort. Le catalogue précise même que ce dessin fut exécuté par Antoine Vechte au repoussé. Il est donc possible d’affirmer que cette composition célèbre de Vechte est due à Feuchère et qu’il est bien l’auteur des « bougeoirs dragons ».

Anonyme, d’après Jean-Jacques Feuchère, Le Combat des Amazones, XIXe siècle, collection particulière.
Photographie – Pierre-Louis Calatayud

Le début de l’année 1834 est synonyme de difficultés financières pour Feuchère et Fossey. Demeurant toujours au 25 rue Notre-Dame-de-Nazareth, les fabricants de bronzes sont en retard pour produire leurs titres de créances. Le 17 février, ils sont convoqués pour motif de concordat par le juge-commissaire Audenet[9]. Feuchère réalise la deuxième version du « Satan » dont il présentera le plâtre au Salon. Cette version fera l’objet de plusieurs tirages en bronze de 80 centimètres de haut. A 27 ans, il expose au Salon de 1834 « le Pont d’Arcole », la version en plâtre de son bas-relief destiné à orner l’Arc de Triomphe de la place de l’Etoile et commandé par le ministère du Commerce et des Travaux publics d’Adolphe Thiers par arrêté ministériel du 19 août 1833 et payé 40 000 francs. Gabriel Laviron en livre la plus longue critique, dans la seule publication sur le Salon de 1834 évoquant quelques œuvres de Feuchères [10]: «M. Feuchère n’a pas mis dans la composition de son œuvre toute l’intelligence et la délicatesse de goût qu’on est habitué à retrouver dans ses sculptures. L’exécution en est lourde et peu achevée; c’est plutôt une esquisse en grand qu’un ouvrage terminé ; quelques parties surtout sont excessivement lachées. ». Il présente également les plâtres du « Satan » et a priori du « Raphael », deux autres œuvres majeures pour la carrière de l’artiste.

La critique de Laviron souligne, une fois de plus, l’influence de l’art de la Renaissance chez Feuchère : « Une imitation plus habile et plus adroitement déguisée, c’est celle que fait M. Feuchères, des artistes élégants de la renaissance. Ces traces d’imitation toujours trop visibles et quelquefois peu intelligentes, sont le plus grand reproche qu’en puisse faire au médaillon de Raphaël, exposé par cet artiste; toutefois ce portrait se recommande par des qualités louables et par une grande finesse d’exécution. »[11]. Laviron parle d’un « médaillon de Raphaël », sans doute parle-t-il du plâtre aujourd’hui conservé au musée du Louvre représentant le buste de Raphaël dans un médaillon signé et daté 1834. Or le seul Raphaël de Feuchère mentionné dans le livret du Salon est une « statue » ce qui interroge sur les circonstances dans lesquelles Laviron a pu voir le « médaillon de Raphaël ».

Jean-Jacques Feuchère, Raphaël, 1834, Paris, Musée du Louvre, Département des Sculptures du Moyen Age, de la Renaissance et des temps modernes, RF 3977 – https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010095092 – © 1982 RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Photographe inconnu (réutilisation de cette image conforme à l’article 4.1.1.a des CGU du site Louvre collections)

Une « tête d’étude » et un « cadre de médaillons » en plâtre sont également exposés. Alexandre Decamps écrit une critique favorable à propos du « Satan », accompagné d’une reproduction en gravure, et du « Pont d’Arcole ». A ce même Salon, le public découvre le groupe en plâtre « L’archange saint Michel, vainqueur de Satan, annonce le règne de Dieu » du sculpteur romantique Duseigneur. Ces deux représentations de Satan attestent du goût romantique et de l’intérêt nourri pour l’art médiéval partagé par ces deux artistes. Les deux œuvres seront vivement critiquées par la presse. Feuchère, tout comme Duseigneur, est récompensé d’une médaille de deuxième classe. Le bas-relief en pierre représentant le « Pont d’Arcole » est achevé avant la fin de l’année. A partir de 1834 et jusqu’en 1851, Feuchère est auteur de formes et décors à la manufacture de Sèvres et fournit en 1848 des éléments du décor pour la « Coupe du Travail » ainsi qu’un projet de dessin pour une plaque d’émail en 1852.

Jean-Jacques Feuchère, Satan, bronze, version de 1834, vers 1836, purchased with funds provided by the Times Mirror Foundation (M.77.45), Los Angeles, Los Angeles County Museum of Art.
Photographie – Domaine public

Le Salon de 1835 permet à Feuchère d’exposer les plâtres de deux projets importants représentant « Benvenuto Cellini » et « Jeanne d’Arc sur le bûcher ». Il y expose le marbre de son « Raphaël » et le bronze de son « Satan » exposé au Salon précédent. Dorénavant bien installé dans le paysage artistique parisien, l’œuvre de Feuchère divise les critiques et ses œuvres sont commentées dans plus de journaux. A titre d’exemple, la Gazette de France du 14 mars 1835 complimente son travail sur Cellini et Raphaël mais critique vivement la Jeanne d’Arc et le Satan. La Tribune des départemens du 8 mai 1835 précise que « Son Raphaël en marbre n’est pas encore fini ». L’œuvre la plus reproduite de ce Salon est sans aucun doute le Cellini, gravé, entre autres, dans La Mosaïque et Le Magasin pittoresque.

Au cours de cette année, Feuchère réalise plusieurs gravures d’ornements de style XVIe siècle. Cette activité de graveur se poursuit avec de véritables œuvres indépendantes comme une « Vierge et l’Enfant entourés de saints », gravure de 1835 conservée au British Museum.

De la collaboration avec Vechte à la réalisation des cariatides du char funèbre de l’empereur

On apprend dans La Renommée du 26 juin 1836 que Feuchère fait partie d’un club[12] nouvellement créé par des artistes et qui compte dans son comité d’administration Chenavard, Cogniet et Huet et dans ses membres le baron Gérard, Delacroix, Barye, Moine, Rude, Visconti et de Rotschild. En juillet, à l’occasion de l’inauguration de l’Arc de Triomphe, la presse parle à nouveau du bas-relief du « Pont d’Arcole » de Feuchère.

Jean-Jacques Feuchère, Passage du pont d’Arcole, bas-relief en pierre, Arc de Triomphe, Paris.
Photographie – Pierre-Louis Calatayud

Le 11 novembre, le « Raphaël », tiré en bronze, est déjà exécuté en pendule dont le socle est agrémenté d’ornements dans le style Renaissance[13]. Feuchère présente au Salon un modèle en plâtre pour « La Renaissance des arts » et un petit bas-relief en plâtre figurant « La Peinture et la Poésie ». Son art est à nouveau rapproché du « pastiche » du XVIe siècle par Alfred de Musset et Alexandre-Nicolas Barbier. Ce dernier le renvoie en particulier à l’art de Germain Pilon sans pouvoir l’égaler[14]. Feuchère réalise une « Allégorie de la Navigation », qui sera tirée en bronze et dont un exemplaire est conservé au musée de la Vie romantique.

Jean-Jacques Feuchère, Allégorie de la Navigation, Bronze, 1836, Paris, Musée de la Vie romantique.
Photographie – “No copyright” (CC0 1.0 Universal (CC0 1.0) Public Domain Dedication)

Cette même année, Feuchère dessine le bouclier représentant « Jupiter foudroyant les Titans », parmi une série de compositions, majoritairement des boucliers dans un premier temps, qui seront, pour la majorité, exécutés par Antoine Vechte au repoussé. Ce bouclier aux titans sera reproduit dans diverses techniques au cours du siècle, dont la fonte. Cette composition servira de base au vase de « Jupiter et les géants » réalisé par Vechte et présenté à l’Exposition Universelle de 1851. Le catalogue de la vente Feuchère nous apprend qu’au cours d’une période indéterminée, Feuchère dessine au moins huit compositions pour des boucliers dont pas moins de six furent exécutés par Antoine Vechte au repoussé.

A. Quantin (Editeur/imprimeur), d’après Jean-Jacques Feuchère, dessin de 1836 pour un bouclier représentant le Combat des Titans, reproduit dans Dessins de décoration des principaux maitres, 1881. https://archive.org/details/gri_33125010010003/page/n7/mode/2up
Photographie – “Not in copyright”
Anonyme, d’après Jean-Jacques Feuchère, bouclier du Combat des Titans, fonte de fer, XIXe siècle, collection particulière.
Photographie – Pierre-Louis Calatayud
C.M. Ferrier & F. von Martens (attribué à), Vase en argent d’Antoine Vechte pour Hunt & Roskill exposé à la Grande Exposition des Travaux de l’Industrie de toutes les Nations de 1851 à Londres, 1851, Amsterdam, Rijksmuseum.
Photographie – Domaine Public

Au Salon de 1837, Feuchère expose le bronze du « Benvenuto Cellini ». Le 27 septembre 1837, le ministère de l’Intérieur achète le « Raphaël » en marbre pour 2000 francs et l’envoie sur la demande du maire, dès le 27 novembre[15] au musée de Rouen où il est placé dans le salon du Poussin[16]. En décembre, Feuchère est témoin d’une altercation entre deux vendeurs de cires dans une rue de Paris. Alors qu’il est avec sa compagne, il assiste à l’attaque de la voiture de Robertson, fabricant de cirages anglais par Guitton, fabricant de cirages à Paris, par projection de bouteilles de cirages sur les cochers, chevaux et vitres. Feuchère porte secours aux blessés et, attaqué par Guitton à son tour, tente de le calmer alors que celui-ci dit : « Je n’aime pas les Anglais, faut que j’en tue un. »[17].

C’est un bronze représentant « Le jeune marquis de Stafford » que le sculpteur présente au Salon de 1838. La même année, Feuchère réalise les allégories de « La Navigation fluviale », « L’Agriculture » et « l’Industrie », sculptures sous la vasque supérieure de la « Fontaine des Fleuves » de la place de la Concorde, qui seront payées ensemble par la ville de Paris pour 3600 francs[18]. Le buste en plâtre du comte Simon de Montfort, mort en 1218, est commandé par le roi pour le musée de Versailles et payé 800 francs le 26 décembre 1838[19].

Le 6 septembre 1839 correspond à la date de dissolution de « Feuchère et Fossey »[20]. Les fabricants de bronzes étaient encore installés au 25, rue Notre-Dame-de-Nazareth. Commandée par le ministère de l’Intérieur le 3 novembre 1837, les 6000 francs consacrés à la réalisation d’une statue en pierre de « Sainte Thérèse » pour le portique latéral droit de l’église de la Madeleine à Paris, seront achevés d’être payés le 12 novembre 1839[21]. Le buste en plâtre « d’Olivier de Castellan, maréchal des camps et armées du roi, mort en 1644 », est payé 800 francs par le roi le 2 décembre 1839.[22] Le 28 décembre 1839, le vicomte Charles de Launay rapporte la présence d’un bronze de Feuchère monté en pendule représentant « le Tasse » dans les salons de magasins, rue de Richelieu[23].

Jean-Jacques Feuchère, sainte Thérèse, vers 1837-1840, pierre, Paris, église de la Madeleine.
Photographie – Pierre-Louis Calatayud

Le 31 janvier 1840, le ministre de l’Intérieur commande à Feuchère une des quatre statues pour la fontaine de la place Saint-Sulpice pour un prix de 6000 francs, rehaussé à 9000 francs sur décision du 31 janvier 1845, payé totalement en 1846. Il est chargé de réaliser une statue en pierre de Bossuet. Jean-Jacques Feuchère fait dorénavant partie des sculpteurs importants et expose au Salon de 1840 la statue en pierre de « Sainte Thérèse ». Elle est installée au début du mois de juillet à l’église de la Madeleine. Les commandes de bustes en plâtre par le roi pour le musée de Versailles continuent. Ainsi, le 19 octobre, son buste du « comte de Douglas, maréchal des camps et armées du roi, mort en 1645 » est payé 800 francs[24]. Le ministère de l’Intérieur commande en 1840 deux bustes en marbre à Feuchère pour la bibliothèque de la Chambre des pairs au palais du Luxembourg, au prix de 2000 francs pour chaque buste[25]. Ces bustes représentent « le marquis de la Place » et « Le maréchal Macdonald ».

Jean-Jacques Feuchère, Bossuet, pierre, vers 1840-1846, Paris, place Saint-Sulpice.
Photographie – Pierre-Louis Calatayud

Le 4 novembre 1840, la décision est prise de confier la réalisation des cariatides supportant l’entablement sur lequel devrait prendre place le sarcophage contenant la dépouille de l’empereur Napoléon à Feuchère[26]. L’industriel Vittoz commercialise certains bronzes de Feuchère[27] dont au moins « Le Pêcheur Catalan », la « Fuite en Egypte », « Une Poésie », le « Satan » et le « Benvenuto Cellini ». Le 16 décembre, le char mortuaire de Napoléon, décoré par Feuchère, reçoit le corps de l’ancien empereur et effectue son déplacement dans Paris. La foule parisienne a ainsi pu admirer les 14 caryatides du sculpteur, un peu plus grandes que nature. Feuchère a aussi conçu les bas-reliefs et arabesques[28] décorant ce somptueux monument mobile.

Anonyme, Allégories et Retour des Cendres de Napoléon (Titre de la série), lithographie, après 1840, Paris, Musée Carnavalet.
Photographie – “No copyright” (CC0 1.0 Universal (CC0 1.0) Public Domain Dedication)

Un sculpteur “convenable”, remarqué mais toujours critiqué

Le groupe en bronze représentant « La Poésie » que Feuchère expose au Salon de 1841 est très remarqué, notamment le polissage important des chairs[29]. Ce groupe, ainsi qu’un deuxième intitulé « Enfants » ont été fondus et ciselés par Vittoz. Cet industriel est un véritable collaborateur technique et commercial de Feuchère durant ces années. Le 26 juillet 1841[30] on enlève les échafaudages de la fontaine de l’angle des rues Saint-Victor (actuelle rue Linné) et Cuvier, dite « Fontaine Cuvier ». Alors apparaît la statue en pierre de « l’Histoire naturelle » également appelée « La Nature » de Feuchère. Cette fontaine, exécutée sur les plans de l’architecte Alphonse Vigoureux à la suite de la proposition du service municipal des eaux de Paris, sera inaugurée le 29 juillet. Si Feuchère en sculpte la statue principale, « l’ornementation et les attributs se rattachant à tous les règnes de la nature »[31] sont l’œuvre du sculpteur Jules Pommatau.

Jean-Jacques Feuchère graveur, Fontaine Cuvier, 1841, Londres, British Museum.
Photographie – Domaine public (Source : Wikimedia commons)

Le 12 septembre 1841, Jacques-Léonard Maillet, élève de Feuchère et âgé de 28 ans, remporte le deuxième second grand prix de sculpture de l’Académie des Beaux-Arts de l’Institut, attestant que Feuchère avait des élèves bien qu’ici seulement 6 ans d’âge différencient le maître de l’élève. Le sculpteur participe aussi au concours pour le monument de Napoléon (ou « monument Napoléon ») dont les projets sont rendus publics dès octobre 1841. En effet, dès août 1840[32], les artistes avaient exprimé les avantages d’un concours pour la réalisation du monument de Napoléon. Le ministre de l’Intérieur accepta d’ouvrir aux artistes trois salles de l’école des Beaux-Arts comme lieu d’exposition de leurs projets mais la presse dénonça une feinte politique, déclarant que le projet définitif fut acté bien avant la fin du concours, malgré la constitution d’une commission. Les projets de Feuchère sont décrits dans le journal L’Aube du 31 octobre 1841 : « N° 13 et 14. — M. Feuchère. — On a deux projets de cet artiste, mais l’un n’est guère que la modification de l’autre, et tous deux sont à effet. Napoléon, en grand costume impérial, tenant le sceptre, est debout sur un pavois appuyé sur des trophées, des armes, des drapeaux. II domine un catafalque soutenu par des colonnes, et sous lequel est le tombeau. L’empereur y est représenté couché. Autour du monument sont des statues allégoriques assises, la force, la loi, la justice, la guerre, etc., etc., etc. — M. Feuchère a fait de ce projet une peinture qui produit beaucoup d’effet. La modification consiste à avoir enlevé le groupe supérieur, et à l’avoir remplacé par la statue à demi couchée sur la tombe de l’empereur, en costume militaire. »[33]. Son projet sera jugé comme le plus « convenable » par le journal Le Charivari[34], parmi les 81 projets exposés. Cette même année, Feuchère exécute un buste, portrait de « Alexandre Brongniart », administrateur de la manufacture de Sèvres de 1801 à 1847 et qui sera envoyé par l’Etat au musée de la manufacture de Sèvres.

En 1842, il commence à commercialiser ses bronzes dans les magasins Susse, passage des panoramas et place de la Bourse. Le 28 décembre 1842, le bronze « La Force et la Paix » de Feuchère, est à vendre à cette dernière adresse[35].

Cette collaboration avec Susse frères se poursuit en 1843, notamment à l’occasion d’une opération commerciale de « cadeaux de fête » consistant en la vente de statuettes en plâtre teinté de 40 centimètres de hauteur au prix de 15 francs la pièce. Ces statuettes sont réalisées d’après des modèles conçus par divers sculpteurs. Feuchère réalise les modèles pour sainte Elisabeth, saint Charles et saint Anne[36]. Le Salon permet à Feuchère d’exposer une statue en plâtre représentant « Galatée », le groupe en plâtre de sa célèbre « Amazone domptant un cheval », une statuette en bronze représentant « Léonard de Vinci », ainsi qu’un buste en plâtre représentant « Mme Théodorine Mélingue, sociétaire de la comédie française ».

Jean-Jacques Feuchère, Amazone domptant un cheval, bronze, 1843, Paris, Musée du Louvre, Département des Sculptures du Moyen Age, de la Renaissance et des temps modernes, RF 3028 – https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010094829 – © 2016 Musée du Louvre / Hervé Lewandowski (réutilisation de cette image conforme à l’article 4.1.1.a des CGU du site Louvre collections)

Des modèles d’armures sont commandés par Louis-Philippe pour la galerie des batailles du musée de Versailles, payés 400 francs le 3 avril 1843[37]. En plus de la statuette du « Léonard de Vinci » en bronze, la statuette représentant « Michel Ange » est également commentée dans l’article dédié au Salon dans Le Moniteur Universel du 8 mai 1843[38]. Le modèle de la sculpture de Michel Ange est vendu au bronzier Vittoz et repris par son successeur Labroue.

E. de Labroue, d’après un modèle de Jean-Jacques Feuchère, Pendule Michel-Ange, bronze doré et patiné, marbre, 1852-1855, Paris, Musée du Louvre, Département des Objets d’art du Moyen Age, de la Renaissance et des temps modernes, OA 11911 – https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010103433 – © 2002 RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / Jean-Gilles Berizzi (réutilisation de cette image conforme à l’article 4.1.1.a des CGU du site Louvre collections)

Le père de Jean-Jacques Feuchère, Jacques-François, meurt le 7 juillet 1843. Le 31 octobre, pour une somme annoncée de 12 000 francs, le ministre de l’Intérieur commande à Feuchère une importante statue en marbre représentant « Marie Stuart », pour le jardin du Luxembourg.

En 1844, Feuchère est un sculpteur éminemment important, mais toujours critiqué pour son style proche des périodes artistiques passées, comme on peut le lire à propos de ses œuvres exposées au Salon dans Le Charivari du 15 mai 1844 : « M. Jean Feuchères, l’homme de la fantaisie et du meuble en sculpture, l’orfèvre, le ciseleur d’aujourd’hui, le Benvenuto Cellini dont il a fait la statuette, le rival de Klugman et de Janest, M. Jean Feuchères a fait, cette année, un petit groupe en bronze, « L’Enlèvement des Sabines », groupe plein de mouvement et de fougue qui sera une très belle pendule d’amateur. Nous ne louerons pas tant sa statue de Bossuet, dont la tête nous a paru un peu mesquine, et dont les draperies sont à grands plis lâchés, absolument sculptés comme peignait Vanloo ; une imitation très habile et très fidèle, si vous voulez, mais enfin une imitation d’un portrait du temps. »[39]. Delécluze rapproche même le Bossuet à la manière du Bernin[40]. Le 18 mai 1844, le buste en plâtre, commandé par le roi pour le musée de Versailles, de « Marie-Adélaïde-Clotilde-Xavière de France, reine de Sardaigne, morte en 1802 » est payé 800 francs[41]. Cette année, Feuchère réalise également la « Médaille de Guizot » d’après un portrait par Paul Delaroche[42]. Cette médaille d’un module de 10 centimètres, était vendue au prix de 20 francs chez le commissaire du comité M. Doux, au 23 rue Joubert. Bien que le « journal des débats », comme on l’appelle alors, en fit la publicité, Le Charivari du 24 juillet y répondit par une lettre anonyme adressée à son directeur et critiquant la réalisation de l’objet autant que les raisons politiques le soutenant[43].

Maurice Valentin Borrel et Jean-Jacques Feuchère. François Guizot, bronze, 1844. Paris, Musée Carnavalet.
Photographie – “No copyright” (CC0 1.0 Universal (CC0 1.0) Public Domain Dedication)

A l’exposition des produits de l’industrie française de 1844, tandis que son ancien collaborateur Fossey expose son travail sur des meubles avec son nouvel associé Fourdinois, Feuchère a été choisi par l’orfèvre le plus remarqué de cette période. En effet, Froment-Meurice dévoile à cette exposition, entre autres, un bouclier hippique, prix de course, en fer et argent réalisé par Feuchère et les sculpteurs Rouillard, Justin et Schoeunevert, sur les dessins d’Alfred Dedreux[44]. Feuchère en a modelé le milieu représentant Neptune domptant des chevaux[45]. Feuchère continue de collaborer avec Antoine Vechte, en dessinant le modèle pour son vase du « Triomphe de Galathée ».

A. Quantin (Editeur/imprimeur), d’après Jean-Jacques Feuchère, dessin pour une aiguière, reproduit dans Dessins de décoration des principaux maitres, 1881. https://archive.org/details/gri_33125010010003/page/n7/mode/2up
Photographie – “Not in copyright”
Antoine Vechte, Vase, Neptune domptant les flots et le Triomphe de Galathée, Antoine Vechte, argent, 1843, Amsterdam, Rijksmuseum.
Photographie – Domaine Public

Sur le stand de Victor Paillard, une garniture de cheminée retient l’attention. Les deux figurines en bronze couchées sont également de Feuchère[46]. A l’été 1844, l’installation des statues dans le jardin du Luxembourg, dont la « Marie Stuart », est annoncée dans la presse[47]. Dès le 16 septembre, l’information est rendue publique que Feuchère exécutera le fronton de l’église Saint-Denys-du-Saint-Sacrement [48]. Le magasin « musée » de M. Besse, seul dépôt des bronzes de Barye, au 17 rue de Choiseul, présente également au moins une « Amazone [49]» de Feuchère. Cette année voit aussi la création par ce dernier d’un porte-cigare représentant une nymphe allongée sur un animal marin et qui sera par la suite tirée en bronze et en plâtre, dont un exemplaire se trouve au musée de la Vie romantique.

Jean-Jacques Feuchère, Marie Stuart, marbre, 1843-1844, Paris, jardin du Luxembourg.
Photographie – Pierre-Louis Calatayud

Succès et reconnaissance

En réalité, les œuvres de Feuchère se vendent dans un grand nombre de magasins à travers tout Paris, témoignant du succès de son art. En février 1845 par exemple, la revue La Pandore lance une opération commerciale visant à offrir des primes à ses nouveaux abonnés, qui permettent de choisir dans ses salons d’exposition des objets d’arts selon la valeur de la prime obtenue, comme des statuettes en bronzes et plâtre par divers artistes dont Feuchère[50]. Jean-Jacques Feuchère présente un buste en plâtre de M. Mélingue et le marbre de sa « Jeanne d’Arc sur le bûcher », 10 ans après avoir exposé le plâtre, au Salon de 1845. Feuchère reçoit le paiement de 10 000 francs[51] pour deux groupes d’enfants en bois pour le baldaquin qui se trouve près du tombeau de Napoléon 1er. Il achève la même année le fronton de l’église Saint-Denys-du-Saint-Sacrement représentant « Les Trois Vertus théologales », dévoilé au public le 26 décembre[52]. Dès le 12 juin 1845, la rumeur circule que Feuchère, comme certains autres artistes exposants au Salon, va recevoir la médaille de la Légion d’Honneur[53], ce que la presse semble confirmer quelques jours plus tard[54]. A l’hiver 1845, il offre quelques statuettes[55] comme lots de la loterie de Rouen organisée en soutien au désastre causé par la tornade de Montville du 19 août.

Jean-Jacques Feuchère, Les Trois Vertues théologales, bas-relief en pierre, 1845, Paris, Eglise Saint-Denys-du-Saint-Sacrement.
Photographie – Pierre-Louis Calatayud

Au début de l’année 1846, Feuchère participe à un bal proposé par l’Association des Artistes, dans la salle de l’Odéon. Feuchère, Dantan, Pradier, Delacroix, Scheffer, Meissonnier, Decamps, et d’autres, sont célébrés comme l’élite des artistes de ce monde[56]. Au salon de 1846, il présente un buste en marbre de « Jean-François-Sébastien Provost, de la comédie française ». Le 11 juillet, par ordonnance royale, Jean-Jacques Feuchère est nommé chevalier de l’ordre royal de la Légion d’Honneur[57]. Il expose sa « Jeanne d’Arc sur le bûcher » en marbre à l’occasion de l’exposition des ouvrages de peinture au profit de la caisse de secours et pensions de la Société des Artistes, deuxième exposition organisée par le comité de l’Association des Artistes dans l’ancien hôtel du cardinal Fesch, au 75 de la rue Saint-Lazare, en décembre. Le marbre orne le péristyle inférieur d’une galerie[58].

D’après Jean-Jacques Feuchère, buste de Jean-François-Sébastien Provost, de la comédie française, bronze, Paris, cimetière du Père-Lachaise.
Photographie – Pierre-Louis Calatayud

En février 1847, Feuchère termine un nouveau modèle[59] pour le magasin Besse de la rue Choiseul. Au cours de l’année, il réalise un portrait de son ami Daumier âgé de 39 ans, qu’il dédicace.

Jean-Jacques Feuchère, Portrait de Daumier, lithographie, 1847, collection Paul Prouté, reproduit dans Daumier : lithographies, gravures sur bois, sculptures [exposition, Paris, Bibliothèque nationale, 1934]
Image – Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France (réutilisation de cette image conforme à l’article 1 des Conditions d’utilisation des contenus de Gallica)

A l’issue de la révolution de 1848, Feuchère présente le 21 mars à l’Hôtel de Ville, une statue de la Liberté. A cette occasion, il remet une lettre au citoyen Panerre qui « tendait » à demander qu’on lui confie la réalisation de cette sculpture de la Liberté destinée à être placée devant le palais de l’Assemblée Nationale, et haute de 6 mètres[60]. En mars 1848, Feuchère est élu par ses camarades artistes comme supplémentaire aux sculpteurs membres du jury pour le placement des œuvres d’art au salon du Louvre[61]. Le 14 juin se termine la pose dans le quartier du Palais-Bourbon, d’une statue de la République en plâtre, gâchée par Feuchère[62]. Il pourrait s’agir de l’aboutissement de la demande du sculpteur à l’Hôtel de Ville en mars et de la statue en plâtre envoyée au musée de Lille en 1848, une des dix statues désignées par le jury du concours ouvert en 1848 pour la figure de la République française[63]. Cette statue en plâtre est sans doute celle mentionnée en 1852 comme celle sur le « piédestal de la place du Palais (Bourbon) que Feuchère avait surmonté de la statue de la République en plâtre »[64]. Dès le 31 juillet, la statue en marbre de « La Loi », encore désignée comme statue de la « Liberté » est déjà commandée à Feuchère pour la place du Palais-Bourbon, dite place Bourgogne, bien que Stanislas Lami indique dans son dictionnaire une commande du ministre de l’Intérieur du 30 janvier 1849. Cette commande, payée 15 000 francs le 24 mai 1852, aboutira, toujours selon Lami, à l’installation de la statue en 1854, bien qu’elle soit signée et datée de 1852. Cela s’explique par la présence d’une statue préexistante de Feuchère sur le piédestal jusqu’en 1852 au moins puisqu’une photographie de Charles Marville atteste d’une « Statue de la République » par Feuchère à cet emplacement. Il est possible qu’il s’agisse de la statue de la République en plâtre gâchée par Feuchère mentionnée dans Le Lampion du 14 juin 1848 et dans La Gazette du 7 janvier 1852.

Photographie de Charles Marville, Statue de la République (par Feuchères), Statue de la République, place du Palais-Bourbon, Paris (VIIème arr.), 1852, tirage sur papier albuminé d’après un négatif papier (calotype), 1852, Paris, musée Carnavalet.
Photographie – “No copyright” (CC0 1.0 Universal (CC0 1.0) Public Domain Dedication)
Jean-Jacques Feuchère, La Loi, marbre, 1852, Paris, Place du Palais-Bourbon.
Photographie – Pierre-Louis Calatayud

En septembre, l’installation de statues au jardin de Luxembourg est annoncée[65], il pourrait s’agir d’autres statues que celles déjà citées comme en installation sous la monarchie de Juillet. Le 4 juillet 1848, le ministre de l’Intérieur commande à Feuchère une « Médaille commémorative de la Révolution de 1848 », payée 500 francs entièrement le 29 novembre[66]. Cette année-là, il réalise également en bronze le buste de Provost.

L’atelier de Jean-Jacques Feuchère est désormais installé au 18, rue des Vosges tandis que son domicile demeure au 16 rue Royale-Saint-Antoine. Au Salon de 1849, il expose un groupe en bronze représentant « Daphnis et Chloé », un buste en plâtre du « Docteur Perry », mais la pièce majeure du sculpteur est sans doute le modèle en plâtre, au tiers d’exécution, du futur groupe en pierre représentant un « Cavalier arabe » destiné à orner le Pont d’Iéna. Une étude préparatoire dessinée de ce cavalier nous est parvenue. Ce dessin, beaucoup plus « réaliste » que la sculpture finale, atteste par ces annotations et commentaires sur les couleurs des différentes parties du costume, qu’il a pu faire suite à une observation « sur le motif ». Le groupe en pierre fut commandé par le ministère de l’Intérieur, via la direction des Beaux-Arts[67], pour une somme de 22 000 francs.

Jean-Jacques Feuchère, étude pour le “cavalier arabe”, dessin rehaussé, collection particulière.
Photographie – Pierre-Louis Calatayud
Jean-Jacques Feuchère, cavalier arabe (lance manquante), pierre, vers 1849-1852, Paris, Pont d’Iéna.
Photographie – Pierre-Louis Calatayud

A l’Exposition nationale des produits de l’industrie agricole et manufacturière, Feuchère se fait remarquer par des bronzes représentant « Raphaël », « Benvenuto Cellini » mais également « La Poésie »[68] au stand de l’industriel Vittoz ainsi que par une pendule au bronze de « Daphnis et Chloé » sur le stand de Victor Paillard[69]. Mais la collaboration de Feuchère la plus admirée à cette exposition est celle qu’il a poursuivi avec Froment-Meurice. Le sculpteur a dessiné et supervisé la réalisation des figures, dont les néréides, du milieu de table du duc de Luynes. Il est même qualifié « d’un de nos premiers statuaires » par le journal L’Assemblée Nationale dans le numéro du 30 août 1849[70].

François-Désiré Froment-Meurice, Jean-Jacques Feuchère et al., Pièce centrale du surtout de table du duc de Luynes, argent, Paris, Musée du Louvre, OA 12518 – https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010117592 – © 2013 Musée du Louvre / Harry Bréjat (réutilisation de cette image conforme à l’article 4.1.1.a des CGU du site Louvre collections)

Froment-Meurice expose également le coffret de la duchesse de Parme, pour lequel Feuchère a dessiné les 20 émaux exécutés par Sollier, mais aussi un bouclier, ou bassin, dont l’un les trois bas-reliefs sont, entre autres créateurs, de Feuchère[71]. Le 22 août, il est tiré au sort pour être juré titulaire pour les assises de la Seine, qui s’ouvriront le 1er septembre[72].

Au début de l’année 1850, une garniture de bronzes constituée de candélabres et d’une pendule dotée du bronze de Feuchère représentant « L’Enlèvement des Sabines » fait partie des lots à 3 000 francs de la loterie nationale. Feuchère réalise les figures et les bas-reliefs d’une coupe monumentale en biscuit[73] à l’occasion de l’exposition de la manufacture nationale de porcelaine, vitraux et émaux de Sèvres au Palais-National[74]. En novembre, Feuchère demande à être dispensé de son rôle de juré à la cour d’assises de la Seine, à cause de son activité de statuaire et du fait qu’il doit terminer divers travaux pour la prochaine Exposition de peinture et de sculpture[75]. Cette demande n’est pas favorablement reçue et le sculpteur n’insiste pas[76]. Au Salon de 1850, Feuchère, chevalier de la Légion d’Honneur, exempté de récompense, expose le milieu de table du duc de Luynes représentant « La Terre portée par les Titans et surmontée du groupe de Cérès, Bacchus et Vénus » exécuté sous sa supervision et d’après ses dessins, dans l’atelier de Froment-Meurice.

A. Quantin (Editeur/imprimeur), d’après Jean-Jacques Feuchère, étude préparatoire ou variation du surtout de table du duc de Luynes, reproduit dans Dessins de décoration des principaux maitres, 1881. https://archive.org/details/gri_33125010010003/page/n7/mode/2up
Photographie – “Not in copyright”

Pour l’Exposition Universelle de 1851 au Crystal Palace à Londres, Feuchère est représenté par sa collaboration avec Victor Paillard, qui expose son bronze « Daphnis et Chloé » et une pendule avec ses candélabres en bronze argenté dont les figurines ont été exécutées d’après Feuchère[77], par celle avec Vittoz[78] qui présente sur son stand les bronzes « Benvenuto Cellini », « Bernard Palissy », « Satan vaincu », « La Poésie », « Michel Ange », la réduction du « Spartacus » de Foyatier, un groupe de putti[79], etc… et avec Forest par un bas-relief représentant « Le triomphe d’Amphitrite »[80].

F. Smallfield, F. Bedford, A group in bronze by Vittoz of Paris (le groupe d’enfants reprend une composition de Feuchère), reproduit dans The industrial arts of the nineteenth century. A series of illustrations of the choicest specimens produced by every nation, at the Great Exhibition of Works of Industry, 1851.
https://archive.org/details/industrialartsn00wyat
Photographie – Domaine Public

A l’automne 1851, c’est une pendule et deux candélabres par Vittoz[81] d’après Feuchère qui constituent un lot à 2050 francs[82] à la loterie nationale de bienfaisance. C’est également en 1851 que fut exécutée la « Toilette de Vénus » dans les ateliers de Froment-Meurice, une œuvre chryséléphantine conçue par Feuchère[83].

« Seulement, le cauchemar de Mocquet, ce n’était pas un singe aux gros yeux, monstre fantastique éclos dans l’imagination d’Hugo, et reproduit par le pinceau de Delacroix, par le crayon de Boulanger où par le ciseau de Feuchères ; », La Presse, 5 janvier 1852, p. 3.

Etude consciencieuse d’atelier, portrait des artistes Feuchère et Voillemot dans Le Journal pour rire : journal d’images, journal comique, critique, satirique et moqueur du 2 avril 1852.
Image – Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France (réutilisation de cette image conforme à l’article 1 des Conditions d’utilisation des contenus de Gallica)

Feuchère expose un buste en plâtre de « M. Raffet » au Salon de 1852. Il achève la statue de « La Loi » pour la place du Palais-Bourbon. Il développe une maladie qui le fait beaucoup souffrir. Le 21 juillet, le ministère de l’Intérieur lui achète un buste en terre représentant « Raphaël »[84]. Le lendemain, sa femme, Eugénie Feuchère, écrit au directeur des Beaux-Arts que, son mari pouvant mourir à tout instant, elle se retrouvera à charge d’une famille nombreuse mais dans un état de dénuement (probablement accentué par les achats effectués par Feuchère toute sa vie pour alimenter sa collection), qui la pousse à demander l’achat des bustes « d’André del Sarte » et de « Raphaël ». Jean-Jacques Feuchère meurt le 25 juillet, à une heure du matin à son domicile des suites de sa douloureuse maladie, il était âgé de 45 ans. Il est enterré le lundi 26 juillet 1852 à 11 heures en l’église Saint Paul. Il laisse derrière lui une veuve et Eugénie, Amélie, Cécile et Victor, ses quatre enfants, ainsi que sa mère. Léon et Armand Feuchère sont présents à son enterrement, tout comme Fossey, accompagné de sa famille, son premier collaborateur. Dans les quelques journaux qui partagent l’annonce de sa mort les derniers jours de juillet, certains évoquent des œuvres jusqu’ici inconnues de Feuchère, comme le dessin du plafond de l’Odéon ou l’ornementation de l’église Saint-Paul[85]. Si nombreuses sont les œuvres de ce grand artiste qui attendent d’être retrouvées et identifiées. Elles sont autant de sculptures, pendules et dessins orphelins d’un Benvenuto Cellini romantique, emporté en pleine gloire.

Jean-Jacques Feuchère, Dante méditant sur la Divine Comédie, 1843, probablement vente Jean Feuchère 1853, Washington, National Galery of Art.
Photographie – Domaine Public

Le catalogue de la dispersion de son atelier et de ses collections en 1853, met en évidence non seulement la pluralité de son œuvre (une toile de sa main est listée comme représentant « Le Christ sur les genoux de la Vierge »), mais aussi le prestige de ses collections de médailles antiques, de maîtres anciens et du XIXe siècle, dont un tableau attribué à l’époque à Léonard de Vinci, ainsi que des tableaux de Daumier et Flandrin et des dessins de Carrache, Corrège, Cellini, Donatello, Michel Ange, etc… Parmi ses dessins, un « Hercule combattant l’hydre de Lerne, très beau dessin à la plume » de Mantegna, est sans doute le dessin conservé au British Museum (museum number 1895,0915.774) « A faun, semi-nude and wearing a cloak, attacking a snake », décrit dans le Descriptive Catalogue of Drawings by the Old Masters, forming the Collection of John Malcolm of Poltalloch, Esq.’, London, 1876, no. 327 (comme Mantegna) avec une provenance attribuée à Léon Feuchère. Or il semble peu probable que deux Feuchère à Paris à la même époque aient pu posséder un dessin du même sujet et du même maître Padouan. Il est donc plus raisonnable de faire correspondre ce dessin à la plume à celui du catalogue de la vente du cabinet de Feuchère de 1853. Le dessin du British Museum, bien qu’attribué à l’école ou l’entourage de Mantegna, permet de se rendre compte du goût de Jean-Jacques Feuchère et de l’importance de sa collection.

« Le romantique se rencontrait avec les maîtres de la Renaissance dans leurs plus heureux moments sans qu’on eût à lui reprocher aucun pastiche. » Philippe Burty, F.-D. Froment-Meurice, argentier de la ville : 1802-1855, 1883.

Conclusion

Bien au-delà de la renommée de son « Satan », Jean-Jacques Feuchère apparaît comme un artiste dont les œuvres sont empreintes d’une grande diversité d’inspiration, traduisent et s’inscrivent dans l’histoire du mouvement romantique de l’art français du XIXe siècle. Passionné d’art, tout à la fois en tant qu’artiste mais également collectionneur, cette biographie permet de retracer le parcours original de cet homme en proie au difficultés rencontrées par nombre d’artistes romantiques mais qui ne bénéficia pas de reconnaissance après sa mort. Il était dessinateur, bronzier, graveur, émailleur et sculpteur. Assurément la qualité de son œuvre, dont la richesse contraste avec sa mort prématurée, mérite d’être redécouverte par nos contemporains.

[1] Catalogue d’objets d’art et de curiosité… tableaux et dessins anciens des écoles italienne, française et flamande… : de M. Feuchère, dont la vente aux enchères publiques aura lieu… les mardi 8, mercredi 9 et jeudi 10 mars 1853.
[2] Dictionnaire de la conversation et de la lecture : inventaire raisonné des notions générales les plus indispensables à tous, par une société de savants et de gens de lettres, Tome 9, 1853-1860, p. 386.
[3] Nouvelle biographie générale : depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours…. XVII, 1854-1866, p. 592.
[4] Dictionnaire des sculpteurs de l’Ecole française au dix-neuvième siècle, T. II, D.-F., par Stanislas Lami, p. 365.
[5] Daumier, man of his time, par Oliver W. Larkin, 1966, p. 6.
[6] L’Almanach de messieurs les fabricants de bronze réunis de la ville de Paris : pour l’année 1834 nous apprend que Feuchère père vit au 25 rue Notre-Dame-de-Nazareth, que Feuchère fils travaille avec Jules Fossey et que ces derniers tiennent boutique à la même adresse que le père, un avis du commerce publié dans le Mercure en Omnibus du 1er janvier 1829 confirme ce lien et indique que le dépôt de bronzes des collaborateurs se trouve au 20-25 rue Vivienne.
[7] Archives nationales, O/4/1419.
[8] Archives nationales, O/4/1425.
[9] Le Temps, 17 février 1834.
[10] Le salon de 1834 : orné de douze vignettes par Gabriel Laviron, 1834, p.160.
[11] Le salon de 1834 : orné de douze vignettes par Gabriel Laviron, 1834, p.272.
[12] La Renommée, 26 juin 1836, p. 4.
[13] Le Figaro, 11 novembre 1836, p. 2.
[14] Salon de 1836 : suite d’articles publiés dans le Journal de Paris par A. Barbier, p. 118.
[15] L’Hermine, 2 décembre 1837, p.2.
[16] La Charte de 1830, 30 novembre 1837, p. 3.
[17] Le Droit, 31 décembre 1837, p. 2.
[18] Dictionnaire des sculpteurs de l’Ecole française au dix-neuvième siècle, T. II, D.-F., par Stanislas Lami, p. 366.
[19] Dictionnaire des sculpteurs de l’Ecole française au dix-neuvième siècle, T. II, D.-F., par Stanislas Lami, p. 366.
[20] La Presse, 29 septembre 1839, p. 4.
[21] Dictionnaire des sculpteurs de l’Ecole française au dix-neuvième siècle, T. II, D.-F., par Stanislas Lami, p. 366.
[22] Dictionnaire des sculpteurs de l’Ecole française au dix-neuvième siècle, T. II, D.-F., par Stanislas Lami, p. 366.
[23] La Presse, 28 décembre 1839, p. 3.
[24] Dictionnaire des sculpteurs de l’Ecole française au dix-neuvième siècle, T. II, D.-F., par Stanislas Lami, p. 366.
[25] Dictionnaire des sculpteurs de l’Ecole française au dix-neuvième siècle, T. II, D.-F., par Stanislas Lami, p. 366.
[26] L’Aube, 7 novembre 1840, p. 3.
[27] Le Constitutionnel, 15 novembre 1840, p. 8.
[28] Journal de la ville de Saint-Quentin et de l’arrondissement, 20 décembre 1840, p. 5.
[29] Gazette nationale ou le Moniteur universel, 19 avril 1841, p. 3.
[30] Le Globe, 26 juillet 1841, p. 3.
[31] Le Siècle, 2 août 1841, p. 3.
[32] Sur la nécessité de mettre au concours le monument de Napoléon, 1840.
[33] L’Aube, 31 octobre 1841, p. 3.
[34] Le Charivari, 31 octobre 1841, p. 2.
[35] Le Constitutionnel, 28 décembre 1842, p. 1.
[36] Le Charivari, 14 avril 1843, p.4 et Le Charivari, 19 mai 1843, p. 4.
[37] Dictionnaire des sculpteurs de l’Ecole française au dix-neuvième siècle, T. II, D.-F., par Stanislas Lami, p. 366.
[38] Gazette nationale ou le Moniteur universel, 8 mai 1843, p. 3.
[39] Le Charivari, 15 mai 1844, p. 1.
[40] Journal des débats politiques et littéraires, 2 mai 1844, p. 1.
[41] Dictionnaire des sculpteurs de l’Ecole française au dix-neuvième siècle, T. II, D.-F., par Stanislas Lami, p. 367.
[42] Journal des débats politiques et littéraires, 22 juillet 1844, p. 2.
[43] Le Charivari, 24 juillet 1844, p. 1.
[44] Le Charivari, 29 juin 1844, p. 2.
[45] La Presse, 17 juin 1844, p. 2.
[46] Le Moniteur industriel, 6 juin 1844, p. 3.
[47] Gazette nationale ou le Moniteur universel, 26 août 1844, p. 2.
[48] Gazette nationale ou le Moniteur universel, 16 septembre 1844, p. 2.
[49] Le Constitutionnel, 26 décembre 1844, p. 3.
[50] La Presse, 27 février 1845, p. 4.
[51] Dictionnaire des sculpteurs de l’Ecole française au dix-neuvième siècle, T. II, D.-F., par Stanislas Lami, p. 367.
[52] Journal des villes et des campagnes, 27 décembre 1845, p. 5.
[53] Le Siècle, 12 juin 1845, p. 2.
[54] Le Constitutionnel, 15 juin 1845, p. 2.
[55] Le Constitutionnel, 18 janvier 1846, p. 1.
[56] Le Commerce, 26 janvier 1846, p. 3.
[57] La France, 11 juillet 1846, p. 3.
[58] Journal des débats politiques et littéraires, 22 décembre 1846, p. 3.
[59] Journal des débats politiques et littéraires, 7 février 1847, p. 3.
[60] Le Commerce, 21 mars 1848, p. 5.
[61] Gazette nationale ou le Moniteur universel, 12 mars 1848, p. 4.
[62] Le Lampion, 14 juin 1848, p. 3.
[63] Dictionnaire des sculpteurs de l’Ecole française au dix-neuvième siècle, T. II, D.-F., par Stanislas Lami, p. 367.
[64] La Gazette, 7 janvier 1852, p. 3.
[65] L’Assemblée nationale, 24 septembre 1848, p. 3.
[66] Dictionnaire des sculpteurs de l’Ecole française au dix-neuvième siècle, T. II, D.-F., par Stanislas Lami, p. 368.
[67] Le Siècle, 26 septembre 1849, p. 3.
[68] Le Constitutionnel, 23 septembre 1849, p. 3.
[69] Journal des débats politiques et littéraires, 23 juillet 1849, p. 3.
[70] L’Assemblée nationale, 30 août 1849, p. 3.
[71] La Presse, 19 septembre 1849, p. 3.
[72] Le Siècle, 22 août 1849, p. 4.
[73] Gazette nationale ou le Moniteur universel, 27 mai 1850, p. 2.
[74] Journal des débats politiques et littéraires, 30 avril 1850, p. 1.
[75] Journal des débats politiques et littéraires, 6 novembre 1850, p. 3.
[76] Le Constitutionnel, 6 novembre 1850, p. 3.
[77] Le Phare de La Rochelle, 6 août 1851, p. 1.
[78] La Patrie, 14 juillet 1851, p. 3.
[79] The industrial arts of the nineteenth century. A series of illustrations of the choicest specimens produced by every nation, at the Great Exhibition of Works of Industry, 1851, p. 79, pl. XIII.
[80] La Patrie, 2 juin 1851, p. 2.
[81] Le Siècle, 2 décembre 1851, p. 4.
[82] L’Ordre, 31 octobre 1851, p. 4.
[83] Philippe Burty, F.-D. Froment-Meurice, argentier de la ville : 1802-1855, p. 62.
[84] Dictionnaire des sculpteurs de l’Ecole française au dix-neuvième siècle, T. II, D.-F., par Stanislas Lami, p. 368.
[85] Le Siècle, 27 juillet 1852, p. 3.

Pierre-Louis Calatayud
Pierre-Louis Calatayud

OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Pierre-Louis Calatayud (24 juillet 2023). Jean-Jacques Feuchère, du XVIe siècle au Romantisme, une biographie. Les artistes français oubliés du XIXe siècle. Consulté le 5 septembre 2026 à l’adresse https://ao19e.hypotheses.org/119


1 commentaire

  1. Bonjour,
    Merci pour ce passionnant récit que j’ai lu à plusieurs reprise. Je me permet de vous écrire car je viens depuis avant hier d’avoir la garniture complète de Satan .
    Et je puis vous assurer que les vases au Chauve-souris ont été faites pour le bronze seul et que les bougeoirs aux dragons ont du être fait vers 1840 quand Feuchère a commencer à couronner des pendules avec son Satan. En effet les vases font clairement ridicules à côté et il a du faire ses bougeoirs très massifs pour agrémenter les pendules .
    Si vous le souhaitez je peux vous envoyer une photo avec la garnitures complète ( vases – bougeoirs & pendule ) .
    Amicalement

    Thomas

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